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MRE : la Fondation Mohammedia, future bras opérationnel de la politique envers les Marocains du monde, reste en phase de structuration

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Annoncée par le roi Mohammed VI le 6 novembre 2024, la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l'étranger devait devenir l'outil central de la politique publique en direction de la diaspora. En 2026, elle reste en phase de structuration : le cadre juridique est en préparation et le calendrier précis de lancement n'est pas encore public.

Une réforme de la gouvernance annoncée au plus haut niveau

Dans son discours du 49e anniversaire de la Marche verte, le souverain avait demandé une refonte des instances en charge des Marocains du monde. Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), institution constitutionnelle, doit rester un cadre de réflexion et de proposition, avec une nouvelle loi encadrant son fonctionnement. La Fondation Mohammedia serait, elle, le « bras opérationnel » chargé de mettre en œuvre les orientations.

Des missions très concrètes

Selon les informations disponibles, la fondation doit centraliser des attributions aujourd'hui dispersées entre plusieurs acteurs, coordonner la stratégie nationale dédiée aux MRE et gérer le mécanisme national de mobilisation des compétences. Elle doit aussi accompagner les porteurs de projets et les investisseurs de la diaspora, simplifier et numériser les démarches administratives et judiciaires, et assurer un encadrement linguistique, culturel et religieux de la communauté.

Un enjeu économique de poids

Les Marocains du monde, environ six millions de personnes, ont transféré 122 milliards de dirhams en 2025. Le roi avait jugé « inconcevable » que leur part dans les investissements privés nationaux ne dépasse pas environ 10 %. L'un des objectifs est donc de transformer une épargne souvent consacrée à la consommation et à l'immobilier en projets productifs, en facilitant les démarches des investisseurs et en offrant un interlocuteur unique.

Un décalage entre l'annonce et la réalité

Près de deux ans après l'annonce, plusieurs observateurs et associations regrettent l'absence de texte d'application et de calendrier. Pour des familles installées en France, en Belgique, en Espagne ou en Italie, la promesse d'un guichet unique reste attendue : les démarches consulaires, fiscales, foncières ou judiciaires demeurent complexes et inégales selon les situations.

Représentation et attentes

Le dossier se superpose à un autre débat récurrent : celui de la représentation politique de la diaspora. Les législatives du 23 septembre 2026 se sont déroulées sans circonscription réservée aux Marocains de l'étranger, qui ont pu voter dans leur circonscription de rattachement, en personne ou par procuration. Beaucoup attendent donc de la future fondation qu'elle apporte des réponses concrètes, faute de siège dédié au Parlement.

Ce qu'il faut suivre

Trois points seront déterminants : la publication du cadre législatif, la composition de la gouvernance et les moyens financiers alloués. Tant que ces éléments ne sont pas connus, la Fondation Mohammedia reste une promesse structurante, mais encore à concrétiser pour la diaspora.

Arabe
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