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Algérie-Espagne : après le rapprochement de juillet, un sommet intergouvernemental annoncé pour octobre

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Après plusieurs années de brouille, l'Algérie et l'Espagne ont officialisé cet été leur réconciliation. Une réunion intergouvernementale de haut niveau, la première entre les deux pays depuis 2018, avait été annoncée pour octobre 2026. Retour sur un rapprochement qui intéresse l'énergie, le commerce et la Méditerranée.

De la rupture de 2022 au dégel

En 2022, Madrid avait soutenu le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, provoquant la rupture des relations politiques avec Alger, qui soutient le Front Polisario. Depuis, les contacts ont repris progressivement : retour de l'ambassadeur algérien à Madrid, levée graduelle des restrictions commerciales, puis visite à Alger, début juillet, du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares.

La rencontre Tebboune-Sánchez

Le 20 juillet, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez au palais d'El Mouradia. Le président algérien y a vu une « étape cruciale et majeure » dans les relations bilatérales. Les deux parties ont évoqué la relance de la coopération dans l'énergie, les infrastructures, l'industrie, l'agriculture, le numérique et l'innovation, ainsi que la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme, la migration et la stabilité en Méditerranée.

Le gaz, socle de la relation

L'Algérie reste le premier fournisseur de gaz naturel de l'Espagne. Les deux pays souhaitent renforcer ce partenariat, mais aucun nouveau volume de livraison ni accord commercial chiffré n'avait été annoncé au moment de la rencontre. Pour Alger, qui vient d'annoncer 17 nouvelles découvertes d'hydrocarbures en 2026, l'Espagne demeure un débouché stratégique ; pour Madrid, diversifier et sécuriser ses approvisionnements reste une priorité.

Le Sahara occidental, point de désaccord persistant

Le rapprochement ne gomme pas le différend de fond : l'Espagne n'a pas modifié sa position sur le Sahara occidental, et le désaccord avec Alger persiste. La normalisation repose donc sur un pragmatisme réciproque, qui isole le dossier sahraoui des échanges économiques et sécuritaires.

Pourquoi cela compte pour les Maghrébins d'Europe

L'Espagne accueille une importante communauté originaire du Maghreb, en particulier du Maroc, et la normalisation avec Alger s'inscrit dans un équilibre régional délicat, où Madrid entretient aussi des relations étroites avec Rabat. Une relation apaisée avec Alger peut faciliter les échanges commerciaux, les liaisons et la coopération migratoire.

Reste à connaître les résultats concrets du sommet intergouvernemental annoncé : accords sectoriels, calendrier de coopération énergétique et mécanismes de suivi seront les véritables indicateurs de la solidité de ce nouveau départ.

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