Ecrit Par Maglor — Le Maroc a importé 105,69 millions de quintaux de céréales durant la campagne agricole 2025-2026, soit environ 7 % de plus que lors de la campagne précédente, où le volume tournait autour de 99 millions de quintaux. Ces chiffres, issus du rapport sur la compensation annexé au projet de loi de finances 2027 et rapportés par Hespress le 3 novembre, rappellent que l'amélioration de la production nationale ne suffit pas, à elle seule, à couvrir les besoins du marché.
Le blé tendre et le maïs en tête
Le blé tendre reste la première céréale importée, avec 51 millions de quintaux, soit près de 48 % des volumes. Le maïs arrive en deuxième position avec 36,7 millions de quintaux, environ 35 % du total, et ses achats ont progressé de 24 % sur un an. Ces deux produits, indispensables à l'alimentation humaine mais aussi à celle du bétail, structurent l'essentiel de la facture céréalière du Royaume.
Une carte d'approvisionnement diversifiée
Le Maroc s'est fourni auprès de 13 pays. La France reste le premier fournisseur, avec 37 % des volumes, devant le Brésil et l'Argentine, chacun à 17 %. Le détail par céréale est révélateur : la France fournit 69 % du blé tendre et 73 % de l'orge, le blé dur provient en totalité du Canada, et le maïs vient surtout du Brésil (51 %), d'Argentine (28 %) et des États-Unis (21 %). Cette diversification limite les risques liés à un fournisseur unique, mais elle expose le pays aux aléas des marchés internationaux et des transports.
Un recul des achats de blé tendre au premier semestre
Au premier semestre 2026, les importations de blé tendre ont totalisé 18,10 millions de quintaux. Elles ont atteint 4,94 millions en janvier, reculé à 3,14 millions en mars, rebondi à 4,01 millions en avril, puis chuté à 1,65 million en mai, avant de s'arrêter à partir de juin. Ce profil traduit un ajustement des achats en fonction de la récolte nationale et des stocks disponibles.
Le soutien public au blé et à la farine nationale
Le rapport détaille aussi le coût des dispositifs de soutien. À fin 2025, le soutien au blé tendre national et à la farine nationale atteignait environ 1,1 milliard de dirhams cumulés. Les minoteries industrielles ont reçu 0,78 milliard de dirhams au titre de 2025, et le transport de la farine vers les centres bénéficiaires a coûté 0,23 milliard. Une prime de stockage de 2,50 dirhams par quintal et par période de quinze jours est versée aux organismes autorisés par l'ONSSA. Son coût est passé de 6 millions de dirhams en 2024 à 15 millions en 2025, soit plus du double.
Ce qu'il faut retenir
Ces données montrent un double défi pour les pouvoirs publics : garantir un approvisionnement régulier à un prix maîtrisé, tout en réduisant à terme la part des importations dans la consommation. La hausse de la production agricole constitue un atout, mais la sécurité alimentaire du pays dépend aussi du stockage, de la logistique et du soutien à la filière meunière. Le projet de loi de finances 2027 sera, à cet égard, un test de la capacité de l'État à concilier soutien aux prix, discipline budgétaire et souveraineté alimentaire.
Source : Hespress FR, 3 novembre 2026.