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Tunisie : l'aéronautique vise 10 000 emplois supplémentaires et 3,5 milliards de dinars d'exportations en 2030

Ecrit Par Maglor — La Tunisie veut faire de l'aéronautique l'un de ses moteurs industriels. Invité de l'émission « Yawm Saïd » de la Radio nationale, Hatem Soussi, directeur central à l'Agence de promotion de l'investissement extérieur (FIPA), a présenté des objectifs à l'horizon 2030 : créer 10 000 emplois supplémentaires et porter les exportations de la filière à environ 3,5 milliards de dinars. Les propos ont été rapportés par Webdo le 3 novembre 2026.

Une filière déjà bien installée

Le secteur compte aujourd'hui plus de 85 entreprises et plus de 20 000 emplois directs. Ses exportations ont atteint 1,74 milliard de dinars en 2025, avec une croissance annuelle moyenne de 20,4 % sur les quatre dernières années. Une hausse de 12 % est annoncée pour 2026, et les investissements étrangers dans la filière ont progressé d'environ 30 % sur un an.

Les objectifs fixés pour 2030

La FIPA vise plus de 30 000 emplois directs au total, soit 10 000 postes de plus qu'aujourd'hui, et un doublement des exportations à près de 3,48 milliards de dinars. Le troisième objectif est qualitatif : porter le taux d'intégration locale au-delà de 50 %, en renforçant la participation des entreprises tunisiennes à la chaîne de valeur, qu'il s'agisse de sous-traitance, de composants ou de services spécialisés.

Un signal pour les investisseurs

L'implantation de l'entreprise turque AKSA Composites, qui a choisi la Tunisie pour sa première usine en Afrique, est citée comme illustration de l'attractivité du site. Proximité de l'Europe, main-d'œuvre qualifiée et écosystème industriel déjà en place figurent parmi les atouts habituellement avancés par les promoteurs de la destination.

Des points de vigilance

Ces ambitions restent des objectifs et non des résultats acquis. Le doublement des exportations suppose que 2025 serve de référence, et la création d'emplois dépend de la réalisation effective des projets annoncés. Surtout, la hausse des investissements étrangers ne suffit pas à mesurer les capacités de production réelles ni les retombées sur le tissu industriel local. C'est l'intégration locale, c'est-à-dire la capacité des PME tunisiennes à entrer dans la chaîne de valeur, qui déterminera la part de valeur ajoutée qui restera en Tunisie.

Ce qu'il faut suivre

Pour les Tunisiens établis en France et en Europe, nombreux à travailler dans l'industrie ou l'ingénierie, la montée en puissance de la filière ouvre aussi des perspectives de retour ou d'investissement. Les prochains mois diront si la dynamique de croissance à deux chiffres se confirme et si les projets annoncés se traduisent en usines et en emplois.

Source : Webdo.tn, 3 novembre 2026.

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