Maglor- Fès/ Meknès
À la faveur de la nuit, certains espaces urbains changent de visage. Dans un quartier résidentiel de Fès, des rassemblements nocturnes liés à la consommation et au trafic de stupéfiants installent un climat de tension durable. Entre nuisances, sentiment d’insécurité et interrogations sur la présence des autorités, les habitants tirent la sonnette d’alarme.
Il est un peu plus de vingt-deux heures dans le quartier Al Amal, à proximité du Champ de course de Fès. À l’angle de la rue 9 et de la rue Abdelmalek El Youbi, la scène se répète chaque soir. Une dizaine, parfois une douzaine d’individus occupent l’espace public pour consommer des substances illicites et entretenir des activités suspectes dans une atmosphère bruyante et désordonnée.
Les nuisances sonores s’intensifient à mesure que la nuit avance. Les éclats de voix, les attroupements et les comportements agressifs perturbent profondément la tranquillité des habitants. Le quartier, autrefois paisible, voit son équilibre fragilisé par ces pratiques répétées.
La situation dépasse désormais la simple gêne. Elle alimente un sentiment d’insécurité qui s’installe durablement. Les familles limitent leurs déplacements nocturnes. Les enfants sont exposés à des scènes inappropriées. Les personnes les plus vulnérables vivent dans l’appréhension. L’espace public perd sa fonction protectrice et devient un lieu d’inquiétude.
La répétition quotidienne de ces rassemblements soulève une question centrale. Pourquoi ces groupes peuvent-ils agir avec une telle visibilité sans être inquiétés. L’absence de patrouilles régulières de police dans cette zone interroge. Une présence sécuritaire visible aurait un effet dissuasif immédiat. Son absence laisse le terrain libre à l’installation de comportements déviants.
Les autorités locales sont également attendues. L’annexe administrative du quartier Tariq a pour mission de suivre les réalités du terrain et de réagir face aux troubles à l’ordre public. L’absence de réaction face à une situation aussi visible renforce le sentiment d’abandon chez les habitants. Ce silence institutionnel est perçu comme une tolérance implicite.
Cette situation crée un précédent dangereux. Elle banalise l’occupation illégale de l’espace public et affaiblit la confiance dans les institutions. Laisser s’installer de telles pratiques revient à accepter une dégradation progressive du cadre de vie et de la cohésion sociale.
Les habitants du quartier Al Amal adressent un appel direct au préfet de police de Fès. Ils demandent une intervention urgente, une présence régulière et une stratégie claire pour mettre fin à ces rassemblements nocturnes. Ils attendent des actions concrètes capables de rétablir l’ordre et la sécurité.
La tranquillité publique est un droit fondamental. Elle ne peut être compromise sans conséquences. Restaurer la sécurité dans ce quartier est une nécessité immédiate. Il s’agit de protéger les habitants, de réaffirmer l’autorité de la loi et de préserver l’intégrité de l’espace public. L’enjeu dépasse un simple quartier. Il concerne l’équilibre même de la ville et la confiance que ses citoyens placent en ceux qui ont la responsabilité de les protéger.