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Fès : quatre arrestations mettent au jour un réseau présumé de prêts clandestins et d’extorsion


Hicham TOUATI 

Quatre personnes, dont une femme, ont été interpellées à Fès les 15 et 16 septembre dans le cadre d’une enquête sur des activités présumées de crédit clandestin, assorties d’extorsion, de menaces et de violences. Menée par les services de la préfecture de police de Fès en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), l’opération a permis de saisir plus de 400 000 dirhams en numéraire, ainsi que des chèques, des reconnaissances de dette, des bijoux et plusieurs documents appartenant à des tiers.

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L’affaire dépasse, par son ampleur, la seule pratique de prêts sans autorisation. Les premiers éléments de l’enquête font apparaître un mécanisme dans lequel des crédits auraient été consentis avec intérêts contre la remise de chèques à titre de garantie, avant que certains emprunteurs ne soient soumis, selon les enquêteurs, à des pressions, des menaces ou des violences destinées à obtenir le règlement des sommes réclamées, parfois à plusieurs reprises.

Trois des quatre personnes arrêtées sont connues des services de justice pour des antécédents judiciaires. Les investigations ont d’abord conduit les policiers vers la principale suspecte, puis vers ses partenaires présumés. La succession ciblée des interpellations sur deux journées et les saisies opérées lors des perquisitions donnent la mesure du travail de renseignement ayant précédé l’intervention.

La coordination avec les services de la DGST apparaît, à cet égard, déterminante. La précision des informations exploitées a permis d’orienter les investigations vers les personnes soupçonnées d’être directement impliquées dans cette activité, puis de localiser des éléments susceptibles de documenter son fonctionnement. Dans ce type d’affaires, où les transactions se déroulent largement en dehors des circuits officiels et reposent souvent sur des relations directes entre prêteurs et emprunteurs, la qualité du renseignement constitue un levier essentiel pour remonter la chaîne des responsabilités.

Les perquisitions ont abouti à la saisie de plus de 40 millions de centimes, soit plus de 400 000 dirhams, présentés comme provenant des activités faisant l’objet de l’enquête. Les policiers ont également découvert des bijoux, deux passeports et des chèques bancaires établis au nom de tiers.

D’autres pièces pourraient s’avérer particulièrement importantes pour la suite des investigations : des reconnaissances de dette, des reçus de transferts d’argent ainsi que des copies de documents d’identité appartenant à d’autres personnes ont été retrouvés en possession des suspects. Leur exploitation pourrait permettre aux enquêteurs de reconstituer les opérations financières concernées, d’en mesurer l’étendue et d’identifier, le cas échéant, d’autres personnes ayant été confrontées au même procédé.

Des doses de cocaïne ainsi qu’un ensemble d’armes blanches ont également été saisies. Ces découvertes viendront compléter les vérifications judiciaires destinées à déterminer précisément la nature des faits pouvant être imputés à chacun des mis en cause.

Au-delà des quatre interpellations, l’importance de l’opération tient ainsi aux éléments matériels désormais placés entre les mains des enquêteurs. Chèques de garantie, reconnaissances de dette, transferts financiers et documents de tiers peuvent contribuer à éclairer les relations nouées autour de ces prêts présumés et à déterminer l’éventuelle ampleur du nombre de personnes concernées.

Les quatre suspects ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent. Les investigations se poursuivent afin d’établir l’ensemble des circonstances de l’affaire, de préciser les faits reprochés à chaque personne et d’en déterminer d’éventuels prolongements.

Langue
Français
Région
Fez - Meknès

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