Hicham TOUATI
Au lendemain de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, une vague d’informations alarmistes a enflammé les réseaux sociaux, évoquant de prétendues violences au sein du campus de l’Université euro-méditerranéenne de Fès. Les étudiants concernés ont choisi de répondre par la transparence, le témoignage direct et l’appel au discernement.
Soudainement et sans le moindre avertissement, dans les heures qui ont suivi la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 opposant le Maroc au Sénégal, les réseaux sociaux ont été envahis par des récits faisant état d’agressions graves, de brutalités et de scènes de maltraitance visant des étudiants marocains. Des images, sorties de leur contexte et amplifiées par une lecture émotionnelle des événements, ont rapidement nourri une polémique aux accents excessifs, parfois éloignée de la réalité vécue sur le terrain.
Face à cette exagération manifeste et à la tentation, chez certains, d’instrumentaliser les faits ou d’en altérer le sens, les étudiants directement concernés par l’une des vidéos largement relayées ont tenu à s’exprimer publiquement, à visage découvert. Leur démarche, rare par sa clarté et son courage, visait avant tout à rétablir la vérité et à apaiser les esprits.
L’étudiant marocain au centre des images a ainsi tenu à lever toute ambiguïté : « L’incident survenu le jour de la finale n’a, grâce à Dieu, eu aucune répercussion sur mon état de santé. J’accepte avec sérénité les excuses de mes camarades. Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à l’Université euro-méditerranéenne pour l’ensemble du soutien qui m’a été apporté, ainsi que pour les mesures diligentes et responsables qu’elle a prises à mon égard. » Un témoignage posé, loin de toute surenchère, qui replace l’événement dans ses justes proportions.
Dans le même esprit, d’autres étudiants subsahariens ont tenu à apporter leur éclairage. L’un d’eux, étudiant d’origine gabonaise, a appelé à la retenue et à la raison : « Il y a eu simplement un malentendu sur le campus entre des étudiants. Il n’y a pas de problèmes. Nous présentons nos excuses aux parents et à toutes les personnes qui ont pu mal interpréter les événements. » Un autre étudiant, inscrit à l’École d’ingénierie digitale et d’intelligence artificielle, fort de plus de deux années de parcours à l’UEMF, a insisté sur la qualité du cadre universitaire et des relations humaines, tout en regrettant la tension passagère née de l’intensité émotionnelle de la finale. Tous ont unanimement dénoncé les dérives des réseaux sociaux, devenus, selon leurs mots, des espaces où l’exagération et la désinformation peuvent attiser inutilement la haine.
Ces prises de parole rejoignent le message clair et ferme adressé par l’administration de l’UEMF à l’ensemble de sa communauté. Université internationale accueillant des étudiants de plus de cinquante nationalités, l’UEMF rappelle qu’elle est fondée sur les principes d’égalité, d’équité et de respect mutuel. Aucun traitement différencié n’y est toléré, et toute atteinte à la dignité humaine, qu’elle soit verbale ou physique, est strictement proscrite. Le règlement intérieur s’applique à tous sans exception, dans le souci de préserver un environnement d’étude serein, inclusif et sécurisé.
Cet engagement institutionnel s’inscrit dans la trajectoire d’excellence de l’Université euro-méditerranéenne de Fès, régulièrement saluée pour la qualité de son modèle académique. Selon des classements reconnus, l’UEMF figure parmi les établissements de référence, se positionnant au premier rang à l’échelle nationale et parmi les toutes premières universités du continent africain, juste derrière l’Université d’Afrique du Sud. Un rayonnement qui repose autant sur la performance académique que sur la capacité à faire vivre, au quotidien, les valeurs du dialogue et de la coexistence.
Au-delà de l’incident et de son emballement médiatique, l’épisode rappelle une évidence souvent oubliée : dans un monde saturé d’images et de réactions instantanées, la parole directe des acteurs, l’écoute et la responsabilité collective demeurent les meilleurs remparts contre la désinformation. À l’UEMF, les étudiants l’ont démontré avec maturité, rappelant que l’université reste, avant tout, un espace de savoir, de diversité assumée et de respect partagé.