Hicham TOUATI
À Khouribga, un policier grièvement blessé lors d’une opération contre un réseau de trafic international de drogue vient d’être promu exceptionnellement au grade d’officier de police. Par cette décision rapide, le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Abdellatif Hammouchi, réaffirme une ligne de conduite devenue centrale au sein des services de sécurité marocains : reconnaître immédiatement le courage de ceux qui risquent leur vie pour protéger la société.
Dans les métiers de la sécurité publique, certains gestes dépassent le cadre du devoir professionnel pour entrer dans celui du sacrifice. L’intervention policière menée récemment à Khouribga contre un réseau criminel spécialisé dans le trafic international de drogues et de substances psychotropes en porte la marque.
Au cœur de cette opération, un policier de la zone provinciale de sûreté de Khouribga s’est illustré par un engagement qui a failli lui coûter la vie. Lors de l’interpellation des suspects, il a été volontairement percuté par un véhicule conduit par l’un des membres présumés du réseau, subissant des blessures graves qui ont nécessité son transfert en urgence vers le centre hospitalier universitaire de Casablanca. Malgré la violence de l’impact et les risques évidents encourus, l’intervention policière s’est poursuivie jusqu’à l’arrestation de cinq individus soupçonnés d’appartenir à cette organisation criminelle, ainsi que la saisie d’importantes quantités de drogues de différentes natures, en plus de munitions et d’une arme de chasse détenue illégalement.
Face à cet acte de courage, la réaction de la Direction générale de la sûreté nationale ne s’est pas fait attendre. Dans une décision à forte portée symbolique et institutionnelle, Abdellatif Hammouchi, directeur général de la DGSN et de la DGST, a accordé à l’agent blessé une promotion exceptionnelle au grade d’officier de police. Une distinction qui ne relève pas seulement de la reconnaissance individuelle, mais qui s’inscrit dans une philosophie plus large de gestion des ressources humaines au sein des services de sécurité marocains.
Car derrière ce geste se lit une conception précise de l’autorité et du commandement : celle d’un État qui veille à protéger ceux qui assurent sa sécurité. Au-delà de la promotion, les services sanitaires et sociaux de la DGSN ont été mobilisés pour assurer un suivi médical complet du policier blessé et apporter un soutien à sa famille, rappelant que la solidarité institutionnelle constitue l’un des piliers du fonctionnement interne de la sûreté nationale.
Dans les rangs de la police, cette réaction rapide a une portée morale considérable. Elle signifie que le courage sur le terrain n’est ni anonyme ni oublié. Dans des métiers exposés où chaque intervention peut basculer en situation critique, la certitude d’une reconnaissance immédiate agit comme un puissant facteur de cohésion et de motivation.
Cette décision envoie également un signal fort aux différentes composantes de l’appareil sécuritaire marocain. Au sein de la DGSN comme de la DGST, dont Abdellatif Hammouchi assure la direction, l’exigence opérationnelle s’accompagne d’une culture institutionnelle fondée sur la valorisation du mérite, la protection des agents et l’attention portée à leur situation humaine.
Dans les couloirs des commissariats comme dans les unités spécialisées, ce type d’initiative contribue à renforcer un sentiment d’appartenance à une institution qui reconnaît les sacrifices consentis sur le terrain. La promotion exceptionnelle devient alors un message adressé à toute une communauté professionnelle : celui d’un commandement attentif, capable de traduire en actes la reconnaissance de l’État envers ceux qui incarnent quotidiennement son autorité.
L’histoire de ce policier de Khouribga rappelle enfin une réalité souvent invisible pour le grand public : derrière chaque opération de lutte contre la criminalité organisée se trouvent des femmes et des hommes exposés à des risques extrêmes pour préserver la sécurité collective.
En consacrant le courage de l’un d’entre eux, la Direction générale de la sûreté nationale ne se contente pas d’honorer un agent blessé. Elle réaffirme une conviction essentielle : la sécurité d’un pays repose aussi sur la capacité de ses institutions à protéger, soutenir et reconnaître ceux qui la défendent au péril de leur vie. Et c’est précisément dans cette reconnaissance que se construit, jour après jour, la confiance entre l’État, ses forces de sécurité et les citoyens qu’elles servent.