Hicham TOUATI
Dans la géographie éducative de Fès, le Groupe Scolaire Aljabr occupe une place singulière. Depuis plus de vingt-trois ans, cet établissement privé s’est imposé, avec constance, comme l’un des pôles scolaires réputés de la région, en plaçant au cœur de son projet la qualité des apprentissages, le plurilinguisme, la vie scolaire et l’épanouissement des élèves. Son ambition ne se résume pas aux résultats, même si ceux-ci demeurent remarquables, avec un taux de réussite régulièrement annoncé à 100 %, souvent assorti de mentions. Elle se lit aussi dans l’accompagnement quotidien, dans le choix d’équipes pédagogiques solides, toutes disciplines confondues, et dans la volonté d’ouvrir aux élèves des espaces où se développent la rigueur, la curiosité, la confiance et le sens de l’effort.
Au fil des années, Aljabr a construit son identité autour d’une idée simple : une école ne doit pas seulement préparer à l’examen, mais apprendre à penser, à s’exprimer, à chercher, à créer et à se projeter. Cette vision explique l’importance accordée aux langues, aux sciences, aux activités parascolaires, à la prise de parole, aux projets collectifs et aux compétitions. Les élèves y sont encouragés à sortir du cadre strict de la salle de classe pour confronter leurs acquis à des situations réelles, parfois exigeantes, mais toujours formatrices.
Les résultats obtenus récemment viennent illustrer cette dynamique. Dans le domaine scientifique et technologique, l’établissement a organisé la finale de la Coupe d’Afrique en robotique, une manifestation qui a confirmé l’intérêt croissant de ses élèves pour l’innovation, la programmation et les métiers de demain. À l’issue de ce parcours, des élèves d’Aljabr se sont qualifiés pour représenter le Maroc aux États-Unis, signe d’un travail patient, mené à la fois par les apprenants, les enseignants et les encadrants. Dans un autre registre, celui de l’éloquence et de l’expression orale, deux lycéens d’Aljabr se sont récemment qualifiés pour la finale du Festival International du Flow, prévue en France à la mi-juin. Ils y porteront les couleurs du Maroc aux côtés de deux élèves du Lycée d’Excellence Mohammed VI de Benguérir, dans une compétition où la maîtrise de la parole, la présence scénique et la force de conviction comptent autant que la culture générale.
Cette capacité à faire émerger des profils différents constitue l’un des points forts de l’établissement. À Aljabr, l’excellence ne se limite pas à une seule discipline. Elle peut prendre la forme d’un raisonnement mathématique rigoureux, d’un projet robotique abouti, d’un texte bien défendu à l’oral, d’une performance linguistique ou d’un parcours scolaire mené avec régularité. Pour une élève de CE6, cette approche donne déjà le sentiment d’appartenir à une école qui encourage. « Ce que j’aime, c’est qu’on apprend beaucoup, mais on fait aussi des activités qui nous aident à ne pas avoir peur de parler devant les autres. Les professeurs nous expliquent et nous poussent à essayer », confie-t-elle avec la simplicité de son âge.
Au collège, le regard devient plus conscient. Un élève de troisième année souligne, lui, l’importance de l’encadrement et de la préparation progressive aux étapes décisives. « On sent qu’on est suivis. Quand on a des difficultés, les professeurs reviennent sur les notions, et quand on réussit, ils nous demandent d’aller plus loin. Les compétitions nous apprennent aussi à travailler en équipe et à gérer la pression », témoigne-t-il. Au lycée, l’exigence prend une dimension plus déterminante encore. Pour une élève de deuxième année du baccalauréat, Aljabr représente surtout une méthode. « Le rythme est soutenu, mais il nous prépare à l’après-bac. On apprend à organiser notre travail, à argumenter, à défendre nos idées et à viser des écoles ambitieuses sans perdre confiance », explique-t-elle.
Cette préparation se vérifie dans les parcours des anciens élèves. Nombre de lauréats d’Aljabr rejoignent aujourd’hui des filières sélectives au Maroc et à l’étranger. Certains poursuivent leurs études en médecine, d’autres intègrent des écoles d’ingénieurs ou des établissements de formation supérieure réputés. Une ancienne élève inscrite en faculté de médecine retient surtout la discipline acquise durant ses années au lycée. « Les premières années de médecine exigent beaucoup d’endurance. Ce qui m’a aidée, c’est l’habitude de travailler régulièrement et de ne pas attendre la veille des examens pour comprendre », affirme-t-elle. Un autre lauréat, aujourd’hui à l’ENSA, insiste sur l’apport des matières scientifiques et des projets pratiques. « Nous avions appris à raisonner, pas seulement à appliquer des formules. Cette différence compte beaucoup dans une école d’ingénieurs », dit-il. Un troisième, admis à l’École Mohammadia d’Ingénieurs, évoque une formation qui l’a préparé à l’autonomie : « Le plus précieux, c’est d’avoir compris assez tôt que la réussite repose sur la méthode, la persévérance et la capacité à demander de l’aide au bon moment. »
Les familles, elles aussi, semblent apprécier cette alliance entre encadrement et ouverture. Une mère d’élève parle d’un établissement où le suivi demeure visible. « Nous sommes informés, les enseignants sont accessibles, et l’enfant sent qu’il n’est pas livré à lui-même. C’est important, surtout dans les années charnières », observe-t-elle. Une autre maman met l’accent sur l’équilibre entre apprentissages et épanouissement. « Ce qui me rassure, c’est que l’école ne réduit pas l’élève à ses notes. Il y a les langues, les concours, les sorties, les projets, la vie scolaire. Cela construit une personnalité », souligne-t-elle. Pour un père, le choix d’Aljabr tient surtout à la continuité du projet éducatif. « On cherche une école sérieuse, mais aussi une école qui prépare au monde réel. Les résultats sont importants, bien sûr, mais la confiance, l’expression orale et l’esprit d’initiative le sont tout autant », résume-t-il.
Derrière ces témoignages se dessine une constante : l’école réussit lorsqu’elle sait maintenir un haut niveau d’exigence sans étouffer l’élève, lorsqu’elle valorise l’effort sans transformer la réussite en simple course aux classements. Le Groupe Scolaire Aljabr semble avoir trouvé, au fil des années, une voie où la performance académique s’accompagne d’une attention portée aux compétences humaines, linguistiques, scientifiques et citoyennes. Les succès en robotique, en éloquence ou dans l’accès aux grandes écoles ne sont pas des épisodes isolés ; ils traduisent une culture scolaire où l’élève est invité à se dépasser, mais aussi à comprendre le sens de ce dépassement.
À Fès, ville de savoir, de transmission et de mémoire, Aljabr poursuit ainsi son chemin avec une ambition mesurée : former des élèves capables de réussir leurs examens, mais aussi d’habiter leur époque avec méthode, ouverture et assurance. Dans un monde où l’école est appelée à préparer des générations mobiles, plurilingues et créatives, l’enjeu n’est plus seulement d’obtenir de bons résultats. Il est de former des jeunes qui sauront apprendre toute leur vie. C’est peut-être là, plus que dans les palmarès, que se mesure la véritable portée d’un projet éducatif.