La cour d'appel de Tunis a confirmé le vendredi 26 juin 2026 la condamnation d'un an de prison ferme prononcée en première instance contre le journaliste indépendant Zied El-Heni. Une décision qui soulève une nouvelle vague d'indignation dans les milieux de la presse et des droits humains en Tunisie.
Ecrit par Maglor.fr
Zied El-Heni est poursuivi en vertu d'un article du code des télécommunications tunisien, qui punit jusqu'à deux ans de prison « quiconque porte sciemment atteinte à autrui ou perturbe sa quiétude à travers les réseaux publics de télécommunications », incluant les réseaux sociaux. Le journaliste avait défendu publiquement des confrères condamnés, qualifiant les juges ayant rendu ces verdicts de « criminels ».
Son arrestation remonte au 24 avril 2026, après l'ouverture d'une enquête concernant des propos tenus lors d'une conférence dans une faculté de droit de Tunis. Selon son avocat, Me Samir Dilou, El-Heni y défendait des journalistes selon lui « injustement condamnés ». Quelques jours plus tôt, il avait également annoncé avoir déposé un recours devant le tribunal administratif contre le président Kaïs Saïed, lui demandant de mettre en place la Cour constitutionnelle et de réactiver le Conseil supérieur de la magistrature.
Ce n'est pas la première condamnation de Zied El-Heni : en 2024, il avait déjà écopé de six mois de prison avec sursis pour « atteinte à la personne » d'une ancienne ministre. Son profil — journaliste critique du pouvoir, actif sur les réseaux sociaux — en fait une cible récurrente des poursuites judiciaires sous l'ère Saïed.
Depuis le coup de force du président tunisien à l'été 2021, par lequel il s'est emparé des pleins pouvoirs, des dizaines de journalistes, militants politiques et défenseurs des droits humains ont été arrêtés et condamnés en Tunisie. Ce recul des libertés inquiète de nombreux observateurs internationaux et la diaspora tunisienne établie en Europe, qui suit avec attention l'évolution de la situation dans leur pays d'origine.