Par Maglor.fr
La Tunisie a franchi un nouveau cap dans sa tension avec Paris. Le 24 juillet 2026, le ministère tunisien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadrice de France à Tunis, dans un geste diplomatique fort qui illustre la dégradation rapide des relations entre les deux pays.
La décision intervient après la diffusion par la chaîne France 24 d'un entretien avec l'ancien président tunisien Moncef Marzouki, actuellement sous le coup d'un mandat d'arrêt de la justice tunisienne pour « atteinte à la sûreté de l'État ». Tunis a vivement réagi, dénonçant ce que le ministère des Affaires étrangères a qualifié d'« atteintes à la souveraineté de l'État tunisien » et d'« appel explicite à la sédition ».
Cette convocation s'inscrit dans un contexte de durcissement du régime de Kaïs Saïed, qui depuis son coup de force institutionnel du 25 juillet 2021 n'a eu de cesse de concentrer le pouvoir et de réduire les espaces de liberté. La Tunisie multiplie les accrochages diplomatiques avec ses partenaires occidentaux, au risque d'un isolement croissant sur la scène internationale.
La France, principal partenaire commercial et diplomatique de la Tunisie au sein de l'Union européenne, n'a pas tardé à réagir. Paris a défendu la liberté éditoriale de France 24, tout en exprimant son attachement à la liberté de la presse. La crise entre les deux pays pourrait peser sur les négociations en cours autour des transferts de fonds, des accords migratoires et de l'aide économique à Tunis.