FR AR
Partager sur :

Tunisie : un élu incarcéré après des propos ironiques visant le chef de l’État

Un député tunisien a été condamné à une peine de huit mois de prison après avoir publié des messages critiques sur les réseaux sociaux à l’encontre du président Kaïs Saïed. La décision a été rendue le 20 février par un tribunal de Tunis, selon plusieurs sources médiatiques locales.

L’élu, Ahmed Saïdani, avait été interpellé au début du mois après avoir diffusé un message à caractère sarcastique, faisant référence aux déplacements du président dans des zones touchées par de fortes pluies et des inondations. Dans cette publication, il détournait le rôle du chef de l’État en le réduisant à une fonction technique liée à la gestion des infrastructures urbaines.

Les autorités judiciaires ont estimé que ces propos constituaient une infraction au regard de l’article 86 du code des télécommunications, un texte régulièrement invoqué ces dernières années pour sanctionner des expressions jugées nuisibles sur Internet. Cette disposition prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à deux ans.

Ironie de la situation, le député condamné avait auparavant soutenu les décisions prises par le président à l’été 2021, notamment la mise à l’écart du gouvernement et la suspension du Parlement. Depuis cette période, de nombreuses organisations de défense des droits humains alertent sur un durcissement du climat politique en Tunisie, évoquant un recul des libertés publiques et une pression croissante sur les voix critiques.

Cette nouvelle condamnation relance ainsi le débat sur la liberté d’expression dans le pays et sur l’usage de la justice face aux opposants, même issus des rangs initialement favorables au pouvoir.

Partager sur :