Selon le dernier rapport du SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), l'Algérie a consacré 25,4 milliards de dollars à son armée en 2025, représentant 8,8 % de son PIB — soit le deuxième fardeau militaire mondial, juste derrière l'Ukraine en guerre.
Ecrit par Maglor.fr
Les chiffres publiés le 28 avril 2026 dans le rapport « Trends in World Military Expenditure, 2025 » du SIPRI sont saisissants : le budget militaire algérien a presque triplé en trois ans. De 9,1 milliards de dollars en 2022, il est passé à 18,3 milliards en 2023 (hausse de 76 %), puis à 21,8 milliards en 2024 et enfin à 25,4 milliards en 2025. Cette dynamique coïncide avec la consolidation du président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019 et réélu en septembre 2024.
Ce qui interpelle les spécialistes, c'est la proportion de ces dépenses dans le budget public total. Avec 25 % des dépenses publiques algériennes consacrées à l'armée, l'Algérie se place au deuxième rang mondial, derrière l'Ukraine. Pour comparaison, les dépenses de santé représentent environ 6,8 milliards de dollars et celles de l'éducation environ 13,7 milliards — pour un pays de 46 millions d'habitants.
À l'échelle africaine, l'ampleur du phénomène est encore plus frappante : le budget militaire algérien représente à lui seul près de la moitié des dépenses militaires combinées de tous les pays du continent, qui ont totalisé 58,2 milliards de dollars en 2025.
Le SIPRI pointe deux facteurs principaux pour expliquer cette hypermilitarisation : les tensions persistantes avec le Maroc, notamment autour du Sahara occidental, et la déstabilisation du Sahel. Des pays comme le Mali, le Niger et le Tchad, sur lesquels Alger exerçait traditionnellement son influence, se sont progressivement émancipés de sa tutelle.
Par contraste, le Maroc a consacré 6,3 milliards de dollars à sa défense en 2025 (+ 6,6 %), restant le deuxième dépensier militaire d'Afrique mais avec une enveloppe environ quatre fois inférieure à celle de son voisin algérien. L'écart entre les deux pays, loin de se résorber, continue de se creuser.
Pour 2026, Alger a prévu une enveloppe préliminaire de 24,6 milliards de dollars dans sa loi de finances — un chiffre que les observateurs anticipent déjà en hausse lors des arbitrages définitifs.