À dix jours du scrutin législatif prévu le 23 septembre 2026 au Maroc, la question de la mobilisation des électeurs, et en particulier des jeunes, est au cœur des préoccupations des partis politiques et des observateurs. Si la campagne électorale bat son plein, l'abstention des nouvelles générations reste le principal risque qui pèse sur la légitimité de ce scrutin.
Une campagne électorale animée
Les principales formations politiques marocaines ont lancé leurs campagnes électorales à travers le Royaume, avec des meetings populaires, des programmes détaillés et des promesses économiques et sociales. Le PAM, le RNI, le PJD et le PI sont en lice pour conquérir les 395 sièges de la Chambre des représentants. Le PAM, notamment, a présenté un programme ambitieux axé sur la formalisation de l'économie et la création d'emplois pour la jeunesse.
La participation des jeunes, enjeu majeur
Lors des élections législatives de 2021, le taux de participation avait atteint 50,35%, un niveau relativement modeste. La jeunesse marocaine, souvent perçue comme désenchantée vis-à-vis du jeu politique, représente un enjeu déterminant pour les partis. Plusieurs formations ont intégré des candidats jeunes dans leurs listes et mis l'accent sur les préoccupations de cette tranche de la population : emploi, logement, accès à l'éducation et lutte contre la corruption.
Des enjeux socio-économiques au cœur du débat
Sur le fond, ces élections se déroulent dans un contexte économique globalement favorable, avec une croissance attendue à 4,6% en 2026, soutenue par une bonne campagne agricole et la consolidation des secteurs non agricoles. Les enjeux du marché de l'emploi, de la cherté de la vie et de l'accès aux services publics structurent néanmoins le débat politique, avec des électeurs qui attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes.
Les Sud, enjeux géopolitiques
Les provinces du Sud constituent un baromètre particulier de ce scrutin. Nizar Baraka, secrétaire général de l'Istiqlal, y poursuit sa tournée, conscient de l'importance symbolique de ce vote dans les régions sahariennes dont le Maroc défend la marocanité sur la scène internationale. La forte participation dans les provinces du Sud est traditionnellement interprétée comme un soutien populaire à la souveraineté du Royaume sur ces territoires.