Maglor - À moins d'un mois des élections législatives du 23 septembre 2026, le Maroc a adopté un arsenal juridique renouvelé pour moderniser le processus électoral, renforcer la transparence et relever les exigences morales applicables aux partis et aux candidats. Trois textes sont au cœur de cette réforme.
Des listes électorales modernisées
La loi n°55.25 introduit l'inscription en ligne sur les listes électorales, ouverte aussi bien aux citoyens résidant au Maroc qu'aux Marocains résidant à l'étranger (MRE). La carte nationale d'identité devient le justificatif unique. Les délais de traitement des recours sont raccourcis et la notification dématérialisée facilite les démarches pour la diaspora.
La loi encadre également la communication électorale sur les réseaux sociaux et la diffusion des sondages, pour prévenir la désinformation et l'utilisation frauduleuse de l'intelligence artificielle pendant la campagne.
Des partis politiques plus transparents et plus ouverts
La loi organique n°54.25 renforce la démocratie interne et la transparence financière des partis. Les formations politiques sont soumises à des obligations strictes de présentation de comptes, sous peine de dissolution judiciaire. Le texte crée également des mécanismes d'incitation pour favoriser la représentation des femmes, des jeunes (moins de 35 ans), des MRE et des personnes en situation de handicap au sein des instances dirigeantes et sur les listes électorales.
Des candidats soumis à des exigences d'exemplarité renforcées
La loi organique n°53.25 durcit les conditions d'éligibilité à la Chambre des représentants. Les personnes condamnées pour atteinte à la probité ou à l'intégrité du scrutin sont désormais exclues plus durablement de la compétition électorale. Une procédure de déchéance du mandat peut être engagée devant la Cour constitutionnelle pour tout député placé en détention pendant six mois ou plus.
Une réforme saluée, mais dont l'efficacité reste à prouver
Pour l'expert Ahmed Jazouli, ces lois « apportent des nouveautés significatives », notamment l'ouverture aux candidats indépendants et le financement public à hauteur de 75 % des dépenses électorales pour les candidats de moins de 35 ans. Mais il met en garde : « Aucun arsenal juridique ne peut, à lui seul, garantir la transparence du processus électoral. L'efficacité de ces lois dépendra de leur application impartiale, du contrôle rigoureux du financement et de la capacité des institutions à prévenir l'achat des voix. »
Les élections du 23 septembre sont particulièrement importantes : conformément à l'article 47 de la Constitution, Sa Majesté le Roi nommera le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête, déterminant ainsi les politiques publiques des cinq prochaines années.