FR AR
Partager sur :

Clarifications du ministre de l’Industrie : des explications qui ne dissipent pas le malaise chez les Marocains de l’étranger

 

Maglor - Les déclarations récentes du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, au sujet des investisseurs marocains résidant à l’étranger ont suscité une vague de réactions au sein de la diaspora marocaine. Si lui a estimé que ses propos ont été sortis de leur contexte, des MRE et bien d'autres continuent de s’interroger sur le ton employé et sur la manière dont la communication publique s’adresse aux Marocains établis à l’étranger.

Une séquence qui suscite la controverse

La polémique est née d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle le ministre répondait à des questions concernant l’investissement et les réalités du marché marocain. Certains passages, notamment l’utilisation d’une expression familière, ont été perçus par plusieurs observateurs comme inappropriés dans un échange portant sur un sujet aussi sensible que l’investissement des Marocains de l’étranger.

Face aux réactions suscitées par cette séquence, le ministre a apporté des clarifications, expliquant que la vidéo diffusée était tronquée et que sa réponse s’adressait à deux investisseurs en particulier, et non à l’ensemble des Marocains établis à l’étranger. Il a également exprimé ses regrets si ses propos ont pu être mal interprétés.
 

Des explications qui peinent à convaincre

Malgré ces clarifications, les explications du ministre ne semblent pas avoir totalement dissipé le malaise chez de nombreux Marocains résidant à l’étranger. Si certains reconnaissent que la vidéo pouvait être sortie de son contexte, d’autres estiment que ces précisions ne suffisent pas à lever les interrogations suscitées par la séquence initiale. Plusieurs observateurs soulignent notamment que l’argument selon lequel la réponse s’adressait uniquement à deux investisseurs reste difficile à vérifier et laisse place au doute. Pour une partie de la diaspora, la question dépasse désormais le simple cadre de cet échange : elle renvoie plus largement à la manière dont les responsables publics dialoguent avec les Marocains établis à l’étranger et à la perception que ces derniers peuvent avoir de l’accueil réservé à leurs initiatives d’investissement. Dans ce contexte, les explications du ministre, loin de clore la controverse, semblent au contraire avoir prolongé le débat.

Une question de ton et de perception

Malgré ces explications, certains membres de la diaspora estiment que le malaise provient davantage du style de communication que du fond du message.

Plusieurs témoignages soulignent que la manière de répondre aux investisseurs peut être perçue comme hautainе ou rabaissante, donnant l’impression que certaines interrogations étaient tournées en dérision. Pour ces observateurs, il aurait été préférable d’adopter un ton plus pédagogique, en expliquant par exemple que les autorités sont conscientes des réalités du marché marocain, notamment de la présence de l’économie informelle, tout en détaillant les réformes entreprises pour améliorer l’environnement des affaires.

Certains estiment également que les investisseurs marocains établis à l’étranger cherchent avant tout à mieux comprendre les conditions d’investissement, et que leurs questions ne devraient pas être interprétées comme une remise en cause des institutions.

Le rappel du rôle des Marocains établis à l’étranger

Les Marocains vivant à l’étranger jouent un rôle important dans l’économie nationale, à travers leurs transferts financiers, leurs investissements et leur contribution au rayonnement du Maroc à l’international. Leur engagement est régulièrement mis en avant dans les discours officiels.

À plusieurs reprises, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a souligné l’importance stratégique des Marocains établis à travers le monde, en les encourageant à participer activement au développement économique du pays et à renforcer leurs investissements au Maroc.

Dans cette perspective, plusieurs dispositifs ont été mis en place au fil des années pour accompagner cette dynamique, notamment des plateformes de mobilisation des compétences, des guichets uniques dédiés aux démarches administratives, la célébration annuelle de la Journée nationale du migrant, ainsi que des mécanismes d’appui à l’investissement et des programmes d’accueil comme l’Opération Marhaba.

Une responsabilité de communication

Certains observateurs reconnaissent que des incompréhensions peuvent parfois exister entre investisseurs de la diaspora et responsables publics, notamment lorsque les réalités du marché marocain sont mal connues ou interprétées. Ces situations peuvent être liées à un manque d’information, volontaire ou non.

Toutefois, ils estiment que la responsabilité d’un responsable public est précisément de clarifier ces réalités avec pédagogie et diplomatie. La parole d’un ministre, soulignent-ils, engage l’image de l’État et doit contribuer à instaurer un climat de confiance avec les citoyens et les investisseurs.

Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à privilégier un discours plus constructif et rassembleur, capable de répondre aux interrogations tout en valorisant l’engagement des Marocains établis à l’étranger.

Vers un apaisement du débat

Les clarifications apportées par le ministre et les échanges suscités par cette polémique ont ouvert un débat plus large sur la manière dont les institutions communiquent avec la diaspora marocaine.

Pour de nombreux observateurs, cette séquence rappelle que, dans le domaine public, la forme peut parfois peser autant que le fond. Les mots employés par les responsables politiques ne se limitent pas à une réponse ponctuelle : ils participent aussi à la construction d’un climat de confiance entre les institutions et les citoyens, qu’ils vivent au Maroc ou à l’étranger.

Au-delà de la polémique, plusieurs acteurs soulignent l’importance de maintenir un dialogue respectueux et constructif avec les Marocains établis à travers le monde, dont la contribution économique, sociale et culturelle demeure essentielle au développement et au rayonnement du Royaume.

ALIRE AUSSI : Polémique autour des déclarations du ministre de l’Industrie et du Commerce : quand la forme brouille le message adressé aux MRE

Partager sur :