Maglor.fr - À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre 2026, la question du droit de vote des Marocains Résidant à l'Étranger (MRE) revient avec force dans le débat public au Maroc. Si ces cinq millions de citoyens participent déjà aux scrutins via les ambassades et consulats, le taux de participation reste historiquement faible, soulevant des interrogations sur les obstacles structurels qui freinent leur engagement civique.
Un droit consacré, une participation en deçà des attentes
Les MRE disposent du droit de vote depuis les réformes constitutionnelles de 2011. Pourtant, lors des dernières élections législatives, moins de 6% des MRE inscrits sur les listes électorales consulaires ont effectivement voté. Plusieurs facteurs expliquent ce faible taux : la complexité des procédures d'inscription, les horaires contraignants des bureaux de vote, et une offre politique jugée peu représentative des préoccupations de la diaspora.
Le vote électronique, une solution réclamée
De nombreuses associations de MRE réclament depuis des années l'instauration du vote électronique ou par correspondance pour faciliter la participation de la diaspora. Cette revendication a été portée devant plusieurs commissions parlementaires sans qu'une décision définitive n'ait été prise. Le gouvernement a évoqué des études de faisabilité, mais aucun calendrier précis n'a été annoncé pour l'introduction de ces nouvelles modalités.
Des sièges réservés aux MRE, un débat relancé
La question de la représentation directe des MRE au Parlement est également revenue sur le devant de la scène. Plusieurs partis politiques ont plaidé pour la création de circonscriptions électorales à l'étranger, sur le modèle français ou italien, qui permettraient aux expatriés d'élire leurs propres représentants. D'autres voix s'y opposent, estimant que les MRE doivent s'intégrer dans les circonscriptions territoriales existantes plutôt que d'être segmentés en une catégorie à part.
Un enjeu stratégique pour le Maroc
La mobilisation des MRE dans la vie politique marocaine est considérée comme un enjeu stratégique majeur par les autorités. Les transferts de fonds des expatriés, qui dépassent 100 milliards de dirhams annuels, et leur influence culturelle et économique dans leurs pays de résidence en font des acteurs incontournables. Renforcer leur lien avec les institutions politiques marocaines apparaît donc comme une priorité, au-delà des seules échéances électorales de septembre 2026.