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Tribune : Maroc-Algérie, l'heure de la réconciliation a-t-elle enfin sonné ?

Ecrit Par Maglor — Depuis la fermeture de la frontière terrestre maroco-algérienne en 1994 et la rupture des relations diplomatiques en 2021, le fossé entre Rabat et Alger semblait presque infranchissable. Pourtant, l'automne 2025 a vu émerger des signaux encourageants d'une possible normalisation. Analyse.

Le poids de l'histoire

La rivalité maroco-algérienne est l'une des plus complexes du monde arabe. Elle puise ses racines dans des contentieux territoriaux — la question du Sahara occidental en tête — mais aussi dans des divergences idéologiques profondes : là où le Maroc s'est tourné vers une monarchie ouverte aux investissements occidentaux et à la normalisation avec Israël, l'Algérie a longtemps maintenu un positionnement tiers-mondiste et une méfiance envers ce qu'elle perçoit comme un alignement pro-occidental de son voisin.

La médiation américaine : un catalyseur inattendu

C'est dans ce contexte que l'initiative diplomatique de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump, mérite d'être analysée. En effectuant des navettes entre Alger et Rabat durant l'été 2025, Washington a joué un rôle de facilitateur discret mais décisif. La logique américaine est claire : une Afrique du Nord stable et réconciliée est un meilleur partenaire dans la lutte contre le terrorisme sahélien, la maîtrise des flux migratoires et la compétition d'influence face à la Russie et à la Chine.

L'accord de réconciliation annoncé à mi-octobre 2025 — dont les détails restent partiellement confidentiels — aurait posé les bases d'une reprise des contacts diplomatiques et d'une possible réouverture des frontières.

Les obstacles restent réels

Malgré ces avancées, les obstacles à une réconciliation durable sont considérables. La question du Sahara occidental demeure le nœud gordien : la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur ce territoire, obtenue en échange de la normalisation avec Israël en 2020, est vécue à Alger comme une provocation. Par ailleurs, les opinions publiques des deux pays, façonnées par des décennies de rhétorique hostile, ne sont pas prêtes à un rapprochement rapide.

Ce que la réconciliation changerait pour les diasporas

Pour les millions de Marocains et d'Algériens qui vivent en Europe — et notamment en France — une normalisation entre les deux pays serait une nouvelle inestimable. Elle permettrait la circulation des personnes et des biens, faciliterait les retrouvailles familiales, et ouvrirait des perspectives économiques considérables pour une région qui dispose de toutes les ressources pour devenir une zone d'intégration maghrébine dynamique. L'histoire a prouvé que les peuples voisins ont plus à gagner de la paix que de la rivalité. La question est de savoir si leurs dirigeants en ont enfin pris conscience.

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