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Maroc-Chine : trois accords douaniers pour fluidifier les échanges entre Casablanca et Ningbo

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le 27 juin 2026, en marge de la session annuelle du Conseil de l'Organisation mondiale des douanes à Bruxelles, l'Administration des douanes et impôts indirects (ADII) du Maroc et son homologue chinoise ont signé trois accords de coopération. Ils prolongent les engagements de la 7e Commission mixte Maroc-Chine, tenue à Pékin en décembre 2025.

Trois textes, un objectif : des échanges plus fluides

Les accords ont été signés par Mohammed Ezzahaoui, directeur général de l'ADII, et Baofeng Zhang, vice-ministre chinois. Le premier porte sur l'assistance administrative mutuelle : les deux administrations pourront échanger plus efficacement des informations et coordonner leurs actions afin de détecter les infractions douanières, notamment la sous-facturation, et d'améliorer la gestion des risques.

Le deuxième organise la reconnaissance mutuelle des programmes d'opérateurs économiques agréés (OEA). Les entreprises certifiées dans un pays bénéficieront de formalités allégées dans l'autre, avec des délais de dédouanement réduits et des chaînes logistiques plus fiables. Les exportateurs marocains cherchant à accéder au marché chinois en sont les bénéficiaires attendus.

Le troisième crée une coopération entre les ports de Casablanca et de Ningbo, qui travailleront ensemble sur la modernisation des procédures, l'analyse de données, la gestion des risques et la formation des ressources humaines.

Une relation commerciale à rééquilibrer

La Chine compte parmi les principaux fournisseurs du Maroc, et la balance commerciale bilatérale reste largement déficitaire pour Rabat. Les accords douaniers ne modifient pas ce déséquilibre à eux seuls, mais ils créent un cadre plus lisible pour les exportateurs et permettent un meilleur contrôle des flux, ce qui répond à une préoccupation ancienne des industriels marocains face à la concurrence des produits importés.

La presse économique avait par ailleurs fait état d'une proposition chinoise d'accord de libre-échange avec le Maroc, signe de l'intérêt de Pékin pour une plateforme industrielle tournée vers l'Europe et l'Afrique.

Le Maroc, carrefour entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie

Le Royaume mise sur sa position géographique, sur ses ports et sur ses accords commerciaux avec l'Union européenne et les États-Unis pour attirer des investisseurs de plusieurs continents. La coopération douanière avec la Chine s'inscrit dans cette stratégie de diversification des partenariats, sans remettre en cause les liens privilégiés avec l'Europe, premier partenaire commercial du pays.

Ce que cela change pour les opérateurs

Pour les entreprises, notamment les PME exportatrices et les opérateurs franco-marocains qui travaillent avec des fournisseurs asiatiques, la reconnaissance mutuelle des statuts d'opérateur agréé peut réduire significativement les délais et les coûts. Sa mise en œuvre effective dépendra toutefois des procédures de certification et du calendrier d'application, qui n'ont pas été détaillés.

Ces accords rappellent que les relations internationales du Maroc se construisent aussi par des textes techniques, moins visibles que les sommets, mais déterminants pour le commerce au quotidien.

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