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Maroc-Russie : au sommet de Moscou, Fatima Ezzahra El Mansouri plaide pour un partenariat africain tourné vers l'action

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le jeudi 29 octobre 2026, à Moscou, la cheffe du gouvernement marocain Fatima Ezzahra El Mansouri a représenté le roi Mohammed VI au troisième sommet Russie-Afrique. Dans son intervention, elle a appelé à faire passer le partenariat entre la Russie et le continent « de la planification à l'action », en s'appuyant sur les plans adoptés à Sotchi et à Saint-Pétersbourg.

Quatre priorités : alimentation, énergie, industrie, technologie

La Première ministre a plaidé pour que les prochains plans d'action se concentrent sur la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, l'industrialisation et le transfert de technologies. Elle a affirmé que l'Afrique constitue une « priorité absolue » de la politique étrangère du Royaume, voulue par le souverain, et que le Maroc est prêt à partager son expérience. Elle a aussi mis en avant les initiatives atlantiques marocaines : le regroupement des États africains atlantiques, le projet d'accès des pays du Sahel à l'océan et le gazoduc Nigeria-Maroc.

Une relation bilatérale ancienne

Le Maroc et la Russie ont signé un partenariat stratégique en 2002, porté au rang de partenariat stratégique approfondi lors de la visite du roi à Moscou en 2016. Selon les chiffres cités, le Maroc figure parmi les trois premiers partenaires économiques de la Russie en Afrique. Les échanges bilatéraux ont atteint 630 millions de dollars en 2025, soit 6,19 milliards de dirhams, avec une hausse de 18 % des exportations marocaines. Plus de 7 000 étudiants marocains ont suivi un cursus en Russie lors de l'année 2024-2025, et un comité de travail conjoint entre les deux ministères des Affaires étrangères s'est réuni pour la première fois en septembre 2026.

Un contexte continental

Les échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique ont dépassé 27,7 milliards de dollars en 2025. Ce niveau reste modeste comparé à ceux de l'Union européenne, de la Chine ou de la Turquie avec le continent, ce qui explique la volonté de Moscou de relancer sa présence, notamment par la finance : la Russie a ainsi exprimé le souhait de devenir actionnaire à part entière de la banque africaine Afreximbank, et la Tunisie a, de son côté, apporté son soutien au plan d'action 2027-2029.

Une diplomatie de la multiplication des partenaires

La participation marocaine illustre une stratégie constante : maintenir des relations de travail avec toutes les grandes puissances, sans se laisser enfermer dans un seul camp. Rabat entretient un partenariat étroit avec l'Union européenne et les États-Unis, tout en élargissant ses relations avec la Russie, la Chine ou l'Inde. Cette approche s'accompagne d'une attente précise : que ces partenaires prennent en compte les intérêts du Maroc, notamment sur le dossier du Sahara, à la veille du vote du Conseil de sécurité sur la Minurso.

Pour l'heure, les engagements concrets issus de Moscou restent à préciser. Les observateurs surveilleront en particulier les projets agricoles, l'approvisionnement en engrais et en énergie, ainsi que les éventuelles coopérations industrielles qui pourraient en découler pour les entreprises marocaines.

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