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Maroc : 2,9 millions de jeunes hors emploi et formation, l'emploi des jeunes au cœur du programme gouvernemental 2026-2031

Ecrit Par Maglor — Présenté le 19 octobre 2026 par la cheffe du gouvernement Fatima-Zahra El Mansouri, le programme gouvernemental 2026-2031 consacre l'une de ses sept priorités à l'emploi des jeunes. Le constat dressé par le texte est sévère : 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en formation, ni scolarisés, et le chômage des 15-24 ans atteint 29,2 %. Le programme chiffre aussi à environ 300 000 le nombre d'élèves qui quittent chaque année l'école sans qualification.

Un diagnostic qui place la jeunesse au centre

Ces données expliquent pourquoi l'exécutif en fait un axe majeur de la législature. Dans un pays où la croissance reste soutenue par des secteurs qui créent peu d'emplois qualifiés, la question de l'insertion des jeunes est devenue un enjeu à la fois économique et social. Le gouvernement promet de s'y attaquer par la formation, les premières expériences professionnelles et l'entrepreneuriat.

Des objectifs annuels dès 2027

Le programme annonce que, dès 2027, 100 000 jeunes seront formés chaque année et 100 000 autres bénéficieront d'une première expérience professionnelle. L'apprentissage doit concerner entre 150 000 et 200 000 bénéficiaires par an, tandis que 60 000 entreprises seront accompagnées dans leur création ou leur développement. À cela s'ajoute l'objectif de « zéro abandon scolaire » à l'horizon 2030, avec au moins 80 % d'élèves maîtrisant les fondamentaux en 2031.

Le journal Le Matin rappelle toutefois que ces chiffres constituent des objectifs annoncés dans le programme, et non des résultats acquis. Le texte ne précise pas non plus de taux de chômage global, ce qui rend la mesure des progrès plus délicate.

Un cadre macroéconomique ambitieux

Ces ambitions s'inscrivent dans un cadre économique volontariste : une croissance moyenne de 5 % par an entre 2027 et 2031, une inflation ramenée à 2 %, un déficit budgétaire d'environ 3 % du PIB et une dette publique autour de 62 % du PIB en 2031. Le gouvernement veut aussi que le secteur privé représente les deux tiers de l'investissement national et fixe un objectif de 26 millions de touristes en 2030, deux leviers censés alimenter la création d'emplois.

D'autres engagements du programme touchent indirectement la jeunesse : la réservation de 30 % des marchés publics aux PME, un fonds de 2 milliards de dirhams pour l'officialisation de l'amazighe ou encore des transferts d'au moins 12 milliards de dirhams aux régions à partir de 2027. Les PME et les territoires sont en effet les principaux pourvoyeurs d'emplois de proximité.

Entre promesses et mise en œuvre

Reste l'épreuve de l'exécution. Former 100 000 jeunes par an suppose des centres de formation en nombre suffisant, des formateurs qualifiés et des entreprises prêtes à accueillir des stagiaires et des apprentis. L'accompagnement de 60 000 entreprises exige, de son côté, un accès facilité au financement, souvent identifié comme l'un des principaux freins pour les jeunes porteurs de projet.

Pour la diaspora marocaine de France, cet enjeu n'est pas lointain. De nombreuses familles suivent de près l'avenir professionnel des jeunes restés au pays, et certains Marocains du monde envisagent d'investir ou de créer des activités au Maroc. Le succès de ces mesures déterminera en partie l'attractivité du pays pour la nouvelle génération, qu'elle y vive ou qu'elle y revienne.

À suivre

Le premier test sera la loi de finances 2027, qui devra traduire ces objectifs en budgets et en dispositifs concrets. C'est à cette étape que l'on mesurera si les engagements annoncés en matière d'emploi des jeunes disposent des moyens nécessaires pour passer du programme à la réalité.

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