Hicham TOUATI
Réunis dans la grande salle de la commune de Fès, mille cinq cents jeunes issus des neuf provinces de la région Fès-Meknès ont participé, samedi, au septième congrès régional de l’Organisation des jeunes du Parti Authenticité et Modernité (PAM). Plus qu’un simple renouvellement des instances, cette grand-messe politique a été pensée comme une vitrine de la vitalité d’un parti qui entend faire de sa jeunesse le fer de lance de sa conquête des urnes en 2026. Dans un climat d’effervescence collective, les « pamistes » ont élu leurs nouveaux représentants, offrant le spectacle d’une formation politique rodée à l’exercice démocratique interne.
C’est une marée bleue qui a envahi, le temps d’un week-end, la grande salle de la commune de Fès. La capitale spiritule a été le théâtre de la septième étape des congrès régionaux de la Jeunesse du Parti Authenticité et Modernité (PAM). L’événement, qui a rassemblé pas moins de 1 500 jeunes militants venus des neuf provinces de la région Fès-Meknès, visait à élire le nouveau coordinateur régional de l’organisation. Un scrutin qui, loin d’être une formalité, s’est transformé en une véritable leçon de démocratie interne, opposant dans un duel fratricide mais fair-play Oussama Bourkiza à Nadia Ichkhen, venue d’El Hajeb défendre son projet.
C’est finalement Oussama Bourkiza qui a remporté la mise, consacré par ses pairs pour prendre les rênes de l’organisation régionale. Une élection que le secrétaire régional du parti, Mohamed Hjira, n’a pas manqué de saluer avec emphase. Dans une déclaration à l’issue du scrutin, il a souligné « la tenue exemplaire de ce congrès, qui a vu une participation massive et une implication sans faille des jeunes ». Il y a vu « une prédisposition à s’engager activement » et a lancé, à l’attention des autres formations politiques, un message clair : « Voici une leçon de démocratie que nous offrons aujourd’hui. La maturité de nos instances et la passion de nos militants sont notre plus grande force. »
L’événement a reçu l’onction des plus hautes instances du parti. La ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, membre du bureau politique, a fait le déplacement pour marquer l’importance que le parti accorde à son vivier juvénile. À ses côtés, Salah Eddine Abkari, le président national de l’Organisation des jeunes, supervisait cette nouvelle étape d’un marathon organisationnel entamé il y a plusieurs semaines.
Prenant la parole devant un auditoire survolté, M. Abkari a rappelé la philosophie de cette dynamique. « Ce chantier organisationnel que nous avons pris à bras-le-corps atteste du poids considérable des jeunes hommes et femmes sur l’échiquier politique, et plus précisément au sein de notre famille politique », a-t-il analysé. Insistant sur l’ambiance qui a prévalu tout au long des débats, il a ajouté : « Vous avez été témoins de l’enthousiasme, de l’encadrement, de la qualité des interventions et de la forte mobilisation des jeunes de Fès-Meknès. Ils ont prouvé, une fois de plus, leur disponibilité à dialoguer et leur volonté de s’inscrire dans une organisation solide. C’est leur défi en tant que jeunesse, et c’est notre ambition en tant qu’organisation. »
Cette ferveur militante a également été saluée par Karim El Hams, président du groupe du PAM à la Chambre des conseillers et membre du bureau exécutif. Visiblement conquis par l’atmosphère de la rencontre, il a confié : « J’ai suivi aujourd’hui avec beaucoup de fierté la réussite de ce congrès régional. Il s’est déroulé dans une ambiance remarquable, marquée par une présence de qualité. » S’adressant directement aux nouveaux promus, il leur a prodigué un conseil paternaliste mais stratégique : « Ayez confiance en l’institution du parti. Engagez-vous avec sérieux et ouverture vers les autres jeunes pour les convaincre de rejoindre l’action politique. »
La dimension électorale, bien que non officiellement à l’ordre du jour, flottait dans l’air. Les élections législatives de 2026 se profilent comme l’horizon indépassable de toute cette effervescence organisationnelle. Khadija Hajjoubi, députée de la ville de Fès, n’a d’ailleurs pas caché les ambitions de la formation. Avec une foi inébranlable en la capacité de mobilisation de ses troupes, elle a lancé un vibrant appel à la conquête : « Face à l’engagement fort de ces jeunes, à leur présence qualitative et pondérée, j’ai la certitude que nous allons balayer les prochaines élections. Nous obtiendrons la première place et la présidence du gouvernement sera nôtre. » Une déclaration qui, si elle relève de la profession de foi, traduit la confiance d’un appareil politique qui mise tout sur le renouvellement générationnel pour incarner une alternance.
À travers ce scrutin, c’est l’image d’un parti uni que la jeunesse du PAM a voulu renvoyer. Loin des querelles de chapelle, l’union affichée derrière le nouveau coordinateur, Oussama Bourkiza, et sa concurrente Nadia, a prévalu. Dans une région riche de ses diversités, ce congrès a agi comme un creuset, fusionnant les ambitions individuelles au creuset d’un projet collectif. Alors que le parti poursuit sa tournée des régions, cette étape de Fès-Meknès restera comme celle de la confirmation : celle d’une génération montante qui, forte de sa légitimité interne, se tient prête à investir l’espace public pour y peser de tout son poids. Reste à savoir si cette dynamique de terrain saura se muer en une machine à convaincre au-delà du cercle des initiés, là où les élections se gagnent.