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Espagne : 1,17 million de demandes de régularisation, dont plus de 156 000 de Marocains et près de 40 000 d'Algériens

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — L'opération de régularisation extraordinaire lancée par l'Espagne s'est close le 30 juin 2026 sur un chiffre bien supérieur aux prévisions : 1 174 978 demandes ont été déposées, alors que les autorités tablaient sur environ 500 000 bénéficiaires potentiels.

Un dispositif décidé par décret royal

Annoncé le 27 janvier 2026, le dispositif a été adopté par décret royal, le gouvernement ne disposant pas d'une majorité absolue au Parlement. Il visait les étrangers déjà installés en Espagne avant le 1er janvier 2026, justifiant d'au moins cinq mois de présence et sans casier judiciaire. Les demandes ont pu être déposées de la mi-avril au 30 juin. Les titres délivrés sont des autorisations de séjour et de travail valables en Espagne.

Les Maghrébins très présents

Les Marocains forment la deuxième nationalité la plus représentée, avec 156 272 demandes, soit 13,3 % du total, derrière les Colombiens (25,9 %). Les Algériens ont déposé 39 949 dossiers, notamment dans la province d'Alicante, reliée à Oran par des liaisons aériennes et maritimes. Les Tunisiens sont également concernés, à condition de pouvoir prouver leur présence avant la date limite. Les demandeurs viennent à 67 % d'Amérique latine et à près de 23 % d'Afrique ; 80 % ont moins de 45 ans.

Où en est l'instruction ?

Début juillet, plus de 600 000 dossiers (609 737) avaient été déclarés recevables, et environ 11 000 avaient déjà été approuvés. Les autorités disposent de trois mois pour statuer, ce qui place l'essentiel des décisions autour de ce début d'automne. L'opération s'est aussi traduite par plus de 159 000 nouvelles inscriptions à la Sécurité sociale.

Une logique économique assumée

Madrid défend la mesure par le besoin de main-d'œuvre dans l'agriculture, la construction, le tourisme et les services, par le vieillissement de la population et par la volonté de réduire le travail informel et d'accroître les cotisations. La ministre Elma Saiz parle de « reconnaître des situations de fait » et de renforcer la dignité des personnes.

Ce que cela change pour la France

Ce titre n'est pas un droit de séjour européen : il n'autorise pas, à lui seul, à s'installer en France. Il ne s'applique pas non plus aux personnes arrivées après la date limite, et ne doit pas être présenté comme une porte ouverte. Mais il montre que l'Espagne a choisi une voie très différente de celle de la France, qui privilégie une régularisation au cas par cas, notamment par le travail dans les métiers en tension.

Les décisions des prochaines semaines diront combien de ces demandeurs obtiendront effectivement un titre, et quelle sera l'ampleur de l'effet sur l'emploi déclaré.

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