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Tribune : le football, vitrine d'un Maghreb qui gagne sur le terrain et doit encore gagner en coulisses

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Cette chronique reflète l'analyse de la rédaction.

Un nul à Tanger face au Mali, une qualification arrachée à Burundi pour l'Algérie : en ce début d'octobre, le football occupe de nouveau le devant de la scène maghrébine. Au-delà des scores, il révèle quelque chose de profond sur nos sociétés.

Un soft power que la politique n'a pas

Le Maroc, cinquième puis sixième nation au classement FIFA, à quelques points du Brésil, voit son équipe nationale citée parmi les meilleures du monde. L'Algérie, de son côté, poursuit sa route vers la CAN 2027. Dans les cafés de Strasbourg, de Marseille ou de Saint-Denis, on ne parle pas de diplomatie : on parle de ces matches. Et pourtant c'est bien un langage diplomatique que ces équipes tiennent, plus efficace que bien des communiqués.

Une fierté partagée par la diaspora

Pour les enfants et petits-enfants d'immigrés maghrébins nés en France, le drapeau brandi dans les tribunes est un lien affectif avec le pays d'origine, sans contradiction avec l'appartenance française. Le football est l'un des rares espaces où cette double appartenance s'exprime sans arrière-pensée politique.

Gagner en coulisses

Mais le succès sportif ne doit pas masquer les chantiers qui demeurent : formation des jeunes, gouvernance des fédérations, infrastructures accessibles à tous, place du sport féminin, lutte contre la violence dans les stades. Les performances des équipes nationales reposent encore beaucoup sur des joueurs formés en Europe, ce qui pose une question simple : que fait-on pour que le talent éclose aussi sur place ?

Au-delà du Maghreb divisé

Ironie du calendrier : alors que les frontières terrestres entre le Maroc et l'Algérie restent fermées, les supporters des deux pays partagent la même passion et les mêmes émotions. Le sport n'efface pas les différends politiques, mais il rappelle ce que des millions de citoyens ont en commun.

La véritable victoire serait que cette énergie collective se transforme en politique publique : des écoles de football dans les quartiers, des compétitions régionales ambitieuses, des échanges de jeunes. Le terrain est prêt, il reste à construire le reste.

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