Ecrit Par Maglor — Bank Al-Maghrib (BAM) a ramené à 0,5 % le plafond de la commission perçue par les banques et les établissements de paiement sur les transactions réalisées avec une carte bancaire marocaine sur le territoire national. Cette baisse est entrée en vigueur le 1er octobre 2026, selon les informations relayées par Hespress le 7 octobre.
Une commission désormais plafonnée en deux étapes
Jusqu'au 1er octobre 2024, le taux de cette commission n'était pas plafonné. La banque centrale avait ensuite posé un premier garde-fou à 0,65 %, avant de le resserrer à 0,5 % cette année. Un plafond spécifique, nettement plus bas, de 0,15 %, s'applique par ailleurs aux commerces de proximité et aux paiements gouvernementaux.
Comment fonctionne la commission
BAM a diffusé une vidéo pédagogique, intitulée « Les avantages des moyens de paiement électroniques », pour expliquer le mécanisme à travers l'exemple d'un boulanger. Le montant de l'achat est d'abord débité du compte du client, puis transféré sur celui du commerçant après déduction d'une commission. Celle-ci revient à l'établissement de paiement qui fournit le terminal de paiement électronique (TPE) et couvre les moyens techniques mis à disposition, le traitement des opérations et d'autres services.
La banque émettrice de la carte perçoit de son côté une commission de 0,15 % pour les commerces de proximité, et de 0,5 % dans les autres cas.
Un levier pour généraliser le paiement électronique
L'objectif affiché est de « permettre un accès sécurisé des commerçants et de la clientèle bancaire au paiement électronique ». Pour les commerçants, la baisse des charges doit les inciter à accepter les cartes quel que soit le montant de l'achat, y compris les petits paniers, souvent réglés en espèces. Ils peuvent ainsi stimuler leurs ventes sans dépendre des liquidités disponibles en boutique.
Pour les consommateurs, la généralisation des TPE devrait faciliter les paiements du quotidien, dans un pays où le numéraire reste très présent, en particulier dans le commerce de proximité.
Ce que cela change pour la diaspora
La mesure concerne les cartes marocaines utilisées au Maroc. Les Marocains résidant à l'étranger qui disposent d'un compte local et d'une carte bancaire marocaine, notamment lors des séjours d'été ou des retours ponctuels, pourraient donc constater une acceptation plus large de la carte chez les petits commerçants. Pour les cartes étrangères, les règles de commission ne sont pas modifiées par cette décision.
Les points à surveiller
L'effet réel dépendra de la capacité des établissements de paiement à déployer davantage de terminaux et de la façon dont les commerçants répercuteront, ou non, cette baisse. La présentation officielle ne précise pas à quels paiements publics s'applique exactement le plafond de 0,15 %, ni la date précise de l'encadrement à 0,65 %. Ces éléments devront être clarifiés par les circulaires de la banque centrale.
À moyen terme, cette politique s'inscrit dans la stratégie de modernisation des moyens de paiement et d'inclusion financière, qui vise à réduire la part de l'économie informelle et du cash. Le suivi des volumes de transactions par carte dans les prochains mois permettra de mesurer l'efficacité de cette nouvelle baisse.