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Électricité en Tunisie : les onze mesures de la STEG pour sécuriser l'approvisionnement

Ecrit Par Maglor — Face à la hausse de la consommation d'électricité, le gouvernement tunisien accélère. Vendredi 9 octobre 2026, un conseil ministériel restreint présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a examiné un plan d'action de la STEG articulé en onze mesures, à court, moyen et long terme. Objectif : sécuriser l'approvisionnement, réduire le déficit énergétique et abaisser les coûts de production.

Une demande en forte hausse

Le plan a été présenté par Salah Zouari, ministre de l'Équipement et de l'Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie. Il répond à une tension réelle : la pointe nationale de consommation a atteint 6 400 MW en juillet 2026, contre 5 175 MW en 2025, soit une progression d'environ 24 %.

Centrales, turbines et moteurs à gaz

Quatre mesures portent sur l'offre conventionnelle : le refroidissement de l'air à l'entrée des turbines existantes, pour un gain proche de 250 MW ; des moteurs à gaz de 200 MW ; une troisième turbine à gaz à Borj El Amri de 300 MW ; et la remise en pleine capacité des centrales de Kchabta et Metline, soit environ 190 MW. Ce dernier point consiste à récupérer une capacité existante, et non à construire de nouvelles unités.

Stockage et renouvelables

Le plan prévoit un système central de batteries de 300 MW pour 600 MWh, soit en théorie deux heures de fourniture à pleine puissance. Côté renouvelables, environ 300 MW doivent être intégrés avant l'été 2027, auxquels s'ajoutent près de 40 MW issus de la cinquième session du régime des autorisations. Trois projets sont cités : l'extension du parc éolien de Sidi Daoud (environ 30 MW), la centrale photovoltaïque de Beni Mhira (50 MW avec 20 MWh de stockage) et celle de Tataouine (200 MW avec 100 MWh de stockage).

Maîtriser la demande et le réseau

Deux dernières mesures visent la demande et le réseau : une réduction ciblée d'environ 300 MW de la puissance appelée aux heures de pointe, et l'amélioration du dispositif de délestage, utilisé en cas de surcharge. La cheffe du gouvernement a en outre demandé le développement du réseau, le déploiement de compteurs intelligents, le renforcement du stockage et une participation accrue des ménages et des entreprises aux programmes de maîtrise de la consommation.

Des annonces à relativiser

La seule échéance précise concerne les quelque 300 MW de renouvelables attendus avant l'été 2027 ; pour le reste, le communiqué appelle à accélérer l'exécution sans calendrier détaillé. Il ne précise pas non plus si les projets éolien et solaires font partie de ces 300 MW. Additionner toutes les puissances annoncées reviendrait donc à surestimer les capacités garanties : ce sont des objectifs, non des capacités déjà réalisées.

L'objectif 2030 en toile de fond

L'objectif officiel reste de porter à 35 % la part des renouvelables dans la production d'électricité d'ici 2030, et non dans la seule puissance installée. Le gouvernement s'appuie pour cela sur l'autoproduction, le régime des autorisations et les concessions. Tout dépendra de la mise en œuvre effective des projets et de leur raccordement au réseau. Pour les Tunisiens, comme pour ceux de France qui rentrent chaque été, l'enjeu est concret : éviter les coupures lors des pics de chaleur et contenir le coût d'une énergie largement importée.

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