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Belgique : après les troubles lycéens de Liège, ce que risque un jeune Belgo-Marocain interpellé

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Depuis le 1er octobre 2026, la police de Liège a procédé à 194 arrestations, dont 114 mineurs, dans le cadre de troubles liés à la mobilisation des lycéens. Pour les familles belgo-marocaines, souvent inquiètes, un décryptage rappelle ce que prévoit le droit belge en matière de séjour et de nationalité.

L'origine d'un mouvement

La contestation est née d'une mesure de la Fédération Wallonie-Bruxelles : depuis la rentrée, les enseignants des trois dernières années du secondaire donnent 22 heures de cours au lieu de 20. S'ajoutent des économies budgétaires et la hausse du minerval. Le mouvement s'est étendu à Mons, Charleroi et Bruxelles, dans le sillage de la mobilisation française. Le 9 octobre, une manifestation nationale des syndicats FGTB et CSC a réuni 30 000 personnes selon la police, 50 000 selon la FGTB. Le bilan de ces journées fait état de 43 policiers blessés, et le bourgmestre de Liège a interdit les rassemblements de plus de trois personnes jusqu'au 16 octobre.

Un point essentiel : la Belgique ne collecte aucune donnée sur l'origine des personnes arrêtées. Aucune source n'a publié la nationalité des jeunes interpellés, ce qui rend toute affirmation sur le sujet infondée.

Ce que prévoit la justice

Une arrestation administrative dure 12 heures au maximum, avec information d'office du titulaire de l'autorité parentale pour un mineur. Une arrestation judiciaire peut aller jusqu'à 48 heures, avec droit à un avocat dès la première audition. Le nouveau Code pénal, applicable depuis le 1er septembre 2026, répartit les peines en huit niveaux et fait de la prison un ultime recours. La rébellion simple est passible d'une amende de 200 à 20 000 euros. Un participant non meneur qui se retire dès le premier avertissement des autorités n'est pas puni.

Les mineurs ne reçoivent pas de peine mais des mesures : seule la réprimande avant 12 ans, placement en institution publique en principe à partir de 14 ans pour des faits graves, renvoi devant la justice des adultes possible seulement à partir de 16 ans.

Séjour et nationalité

Pour un jeune de nationalité marocaine, la loi de 1980 permet de mettre fin au séjour pour des raisons d'ordre public, mais exige des raisons graves après dix ans de présence. Pour les jeunes nés en Belgique ou arrivés avant 12 ans, la Cour constitutionnelle (arrêt 112/2019) n'admet l'éloignement qu'en cas de terrorisme ou de criminalité très grave. Un Belgo-Marocain devenu belge par un parent belge à la naissance ne peut pas être déchu de sa nationalité ; dans les autres cas, la déchéance suppose une condamnation à au moins cinq ans de prison ferme pour une infraction grave listée par la loi.

Les contrôles au faciès, une réalité débattue

En 2018, Amnesty International avait interrogé 48 policiers dans neuf zones, dont Liège, Charleroi et Bruxelles : la moitié reconnaissait un problème de profilage ethnique. Une enquête européenne ancienne indiquait que 24 % des Nord-Africains avaient été contrôlés en douze mois contre 12 % de la population majoritaire. Une étude commandée par Unia à Bruxelles-Nord n'a pas conclu à un profilage systémique.

En pratique, une arrestation lors d'un blocus se termine le plus souvent sans prison, surtout pour un mineur. Pour un jeune sans nationalité belge, elle peut en revanche laisser une trace pesant sur une future demande de titre de séjour ou de nationalité. Ces informations sont indicatives et ne remplacent pas l'avis d'un avocat.

Arabe
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