Ecrit Par Maglor — Le président tunisien Kaïs Saïed a décidé de gracier 2 288 détenus à l'occasion du 63e anniversaire de la Fête de l'Évacuation, célébrée chaque 15 octobre. Un communiqué de la présidence, publié le mardi 13 octobre 2026, a annoncé la mesure, selon Kapitalis.
Libérations immédiates et conditionnelles
Selon les chiffres communiqués, la grâce permet la libération immédiate de 1 573 détenus. Par ailleurs, 424 autres prisonniers bénéficient d'une libération conditionnelle. Le reste des bénéficiaires, soit environ 291 personnes, n'est pas détaillé dans les informations disponibles, pas plus que les conditions précises attachées aux libérations conditionnelles.
Comme à chaque fête nationale ou religieuse, la grâce présidentielle est un usage ancien en Tunisie. Elle permet à la fois de marquer l'événement et de désengorger partiellement des établissements pénitentiaires souvent confrontés à la surpopulation.
Que commémore la Fête de l'Évacuation ?
Le 15 octobre 1963, le dernier soldat français quittait le territoire tunisien, y compris la base navale de Bizerte, mettant fin à la présence militaire française après l'indépendance de 1956. La bataille de Bizerte de juillet 1961, qui avait fait de nombreux morts côté tunisien, reste l'un des épisodes les plus marquants de cette phase. La journée est devenue une fête nationale qui célèbre la souveraineté retrouvée.
Pour les Tunisiens de France, dont les liens avec le pays d'origine demeurent très forts, cette date rappelle aussi l'histoire partagée entre les deux rives de la Méditerranée, faite de conflits mais également d'échanges humains, économiques et culturels intenses.
Un contexte politique chargé
Cette annonce intervient alors que le chef de l'État multiplie les déclarations sur l'unité de l'État, la justice sociale et la « reddition des comptes ». Lors du dernier Conseil des ministres, il a insisté sur la satisfaction des besoins des citoyens et fixé des priorités sociales pour le budget 2027. La grâce de la Fête de l'Évacuation s'inscrit dans ce calendrier de gestes symboliques et de messages adressés à l'opinion.
La présidence n'a pas précisé les catégories d'infractions concernées par la mesure. Comme le veut la pratique, les détenus condamnés pour certains crimes graves en sont généralement exclus. Les familles des détenus et les organisations de défense des droits humains attendent désormais la publication d'informations plus détaillées sur les critères retenus.
Source : Kapitalis.