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Maroc : l'aide au mariage jusqu'à 5 000 dirhams, une promesse du gouvernement El Mansouri qui reste à construire

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — En août, la ministre de la Solidarité écartait encore l'idée d'une aide financière directe au mariage. Deux mois plus tard, le programme gouvernemental 2026-2031 la réintroduit, avec un plafond annoncé de 5 000 dirhams pour les jeunes candidats à l'union. Un revirement qui en dit long sur les priorités sociales du nouvel exécutif, mais dont les contours restent largement à définir.

Un revirement en quelques semaines

Le 4 août 2026, répondant à une question parlementaire sur un dispositif national de subventions et de prêts avantageux pour les futurs époux, l'ancienne ministre de la Solidarité et de la Famille, Naïma Ben Yahia, avait écarté toute aide directe. Elle privilégiait alors la préparation à la vie conjugale, la médiation familiale et les services de proximité. Fin août, le parti de l'Istiqlal présentait pourtant un programme électoral incluant déjà cette mesure.

Le 19 octobre, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté le programme gouvernemental 2026-2031 devant les députés. Il prévoit une aide pouvant atteindre 5 000 dirhams destinée à alléger les frais supportés par les jeunes qui souhaitent se marier. Le 22 octobre, la Chambre des représentants a accordé sa confiance au programme par 204 voix contre 127.

Une réponse à un contexte démographique et économique

La mesure s'inscrit dans un contexte de recul de la fécondité et de difficultés économiques pour les jeunes, relevé notamment par une enquête de la Deutsche Welle publiée le 21 octobre. Le coût du logement, de la cérémonie et de l'installation retarde l'âge au mariage dans de nombreuses familles. Une aide publique, même plafonnée, est présentée comme un moyen de lever un frein financier et de soutenir la formation des ménages.

Elle soulève aussi des questions de fond. Quel sera le public visé : tous les jeunes couples ou seulement les revenus modestes ? Le plafond de 5 000 dirhams sera-t-il un montant forfaitaire ou une aide modulée ? Sera-t-elle versée sous forme de subvention ou de prêt bonifié ? À ce stade, ni les conditions d'attribution, ni le montant effectivement versé, ni le calendrier de dépôt des demandes ne sont connus.

Ce que l'on sait, et ce qui reste à trancher

Le programme gouvernemental fixe un cap, pas un mode d'emploi. Pour que la mesure produise des effets, plusieurs étapes sont nécessaires : un texte d'application, une inscription budgétaire dans la loi de finances, et un circuit de gestion capable de vérifier les dossiers sans alourdir les démarches. Le projet de loi de finances 2027, présenté au Parlement le 23 octobre, sera le premier test de la volonté de financer cet engagement.

Le débat s'annonce également sur l'équilibre entre incitation financière et accompagnement. Les associations familiales plaident de longue date pour des dispositifs qui combinent soutien matériel, conseil conjugal et accès au logement, plutôt qu'une aide ponctuelle dont l'effet sur les décisions de vie reste limité.

Un enjeu qui concerne aussi les Marocains établis en Europe

Pour les familles marocaines installées en France et ailleurs en Europe, très impliquées dans le financement des mariages au pays, la question de l'éligibilité éventuelle des résidents à l'étranger sera suivie de près. Aucune précision n'a été donnée sur ce point.

En attendant les textes, cette annonce rappelle que le nouveau gouvernement entend placer la question sociale et familiale au cœur de sa feuille de route. Reste à savoir si la promesse de 5 000 dirhams se traduira en dispositif concret, financé et accessible, ou si elle demeurera un engagement de programme.

Sources : Bladi.net (23 octobre 2026), Deutsche Welle, programme gouvernemental 2026-2031, Chambre des représentants.

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