Ecrit Par Maglor — Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié mi-octobre son point de conjoncture et retient, dans son scénario central, une croissance de 4,7 % de l'économie marocaine au quatrième trimestre 2026. Un rythme soutenu, qui s'inscrit dans la continuité d'une année marquée par le rebond agricole, mais qui reste exposé aux tensions au Moyen-Orient et aux prix de l'énergie.
Une demande intérieure qui reste le principal levier
Selon le HCP, la consommation des ménages progresserait de 4,3 % en glissement annuel au quatrième trimestre, tandis que l'investissement augmenterait de 6,8 %, porté par les grands projets d'infrastructure. L'agriculture et les services contribueraient ensemble à hauteur d'environ quatre points de croissance. Le HCP souligne également des conditions de financement bancaire attractives et des mesures budgétaires destinées à contenir l'inflation énergétique.
Le rattrapage des industries extractives
Parmi les moteurs identifiés figure le rattrapage des industries extractives, à mesure que les travaux d'entretien des deuxième et troisième trimestres s'achèvent. Le HCP évoque aussi un réajustement des exportations au nouveau cycle de reconstitution des stocks d'engrais en Amérique latine et en Afrique, un marché sur lequel le Maroc occupe une place centrale grâce au phosphate.
Le contexte des trimestres précédents
Dans sa note de juillet, le HCP faisait état d'une croissance de 4,6 % au premier trimestre et estimait celle du deuxième à 4,8 %, avec une prévision de 5,4 % pour le troisième. La valeur ajoutée agricole avait alors progressé de plus de 20 % au deuxième trimestre grâce à une bonne campagne céréalière. La même note relevait toutefois des fragilités : une industrie manufacturière sous pression dans le textile, la chimie et l'électrique, des importations (+12,7 %) croissant plus vite que les exportations (+9,2 %), et une inflation remontée à 1,1 % au deuxième trimestre sous l'effet de l'énergie. Le taux directeur de Bank Al-Maghrib restait à 2,25 %.
Des risques bien identifiés
Le HCP met en garde contre une nouvelle intensification des tensions au Moyen-Orient, qui pourrait aggraver l'inflation et peser sur la production. Des contraintes d'accessibilité économique pendant la période hivernale pourraient aussi freiner l'activité. À l'inverse, si les contraintes d'approvisionnement énergétique se levaient et que les prix du pétrole reculaient, la croissance pourrait atteindre environ 5,3 % au quatrième trimestre, avec une industrie chimique en hausse de 1,6 %.
Ce que cela signifie pour les ménages
Pour les familles marocaines, comme pour la diaspora qui suit de près la conjoncture du pays, ces chiffres dessinent une économie qui avance, mais dont la dynamique dépend encore beaucoup de la pluviométrie, des cours de l'énergie et de la demande extérieure. Le défi, à moyen terme, reste de convertir cette croissance en emplois durables, notamment pour les jeunes, sujet placé au cœur du programme gouvernemental 2026-2031.
Les prévisions du HCP sont par nature révisables : elles seront confrontées, dans les prochaines semaines, aux premières données trimestrielles et aux orientations du projet de loi de finances 2027.