Ecrit Par Maglor — La campagne céréalière 2026-2027 a été lancée à la mi-octobre dans plusieurs wilayas du centre de l'Algérie. À Djelfa, Bouira et Béjaïa, les autorités agricoles ont ouvert la saison des labours-semailles, avec des superficies annoncées et des moyens mobilisés, dans un pays qui fait de l'autosuffisance en blé un objectif stratégique.
Djelfa : plus de 27 000 hectares
À Djelfa, le wali Djahid Mous a donné le coup d'envoi officiel de la campagne depuis la ferme « Mektta », à Douis, à l'ouest de la wilaya. La superficie concernée dépasse 27 000 hectares : près de 19 900 hectares d'orge, plus de 7 100 hectares de blé dur et 214 hectares de blé tendre. La Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS) a fourni les semences et mis en place un guichet unique pour simplifier les démarches des agriculteurs. Quelque 1 587 tracteurs et engins agricoles ont été mis à disposition.
Bouira : un objectif de 73 000 hectares
À Bouira, la wali Houria Aggoune a supervisé le lancement depuis la ferme « Benhamiche ». Selon la direction des services agricoles, l'objectif est d'emblaver 73 000 hectares. Son directeur, Zine El Abidine Bedjaballah, s'est dit optimiste, en soulignant la mobilisation des moyens matériels et humains.
Béjaïa : une dominante de blé dur
À Béjaïa, l'objectif est d'environ 4 600 hectares, dont 85 % de blé dur (près de 3 900 hectares), 190 hectares de blé tendre et 460 hectares d'orge. Environ 1 800 quintaux de semences de variétés diverses ont été mobilisés, d'autres livraisons étant attendues.
Un contexte porteur après une année favorable
Les estimations citées par le think tank TEMA à partir de données du département américain de l'Agriculture (USDA) tablent, pour 2026/27 sur l'ensemble Maroc-Algérie-Tunisie, sur une production de 12,9 millions de tonnes de blé, dont 4,1 millions de tonnes pour l'Algérie, un niveau record en hausse de 28 %. Ces chiffres sont des estimations, et la dépendance aux pluies, la plupart des céréales étant cultivées en sec, rend les résultats incertains d'une année sur l'autre.
Les enjeux : devises, stockage, climat
Une bonne récolte réduit mécaniquement les achats sur les marchés internationaux et soulage les réserves de change. Mais l'enjeu dépasse la météo : il faut aussi disposer de capacités de stockage, d'un financement adapté pour les agriculteurs et de semences de qualité. L'irrégularité croissante des précipitations, liée au changement climatique, rappelle que la sécurité alimentaire se construit sur la durée, avec davantage d'irrigation d'appoint et de variétés adaptées.
Pour les Algériens établis en France, souvent attachés à leur wilaya d'origine, ces annonces locales disent beaucoup de la manière dont se prépare, champ après champ, la souveraineté alimentaire du pays.
Sources : Algérie Eco (lancement de la campagne 2026-2027), Afrik.com (estimations USDA/TEMA).