Ecrit Par Maglor — La VIIIe Réunion de haut niveau entre l'Espagne et l'Algérie, prévue à Madrid les 20 et 21 octobre 2026, n'a pas eu lieu. Le gouvernement espagnol l'a reportée sans nouvelle date. Ce report éclaire la fragilité d'un rapprochement engagé en juillet, après quatre années de crise.
Un sommet attendu depuis 2018
La dernière réunion de haut niveau entre les deux pays remonte à avril 2018, à Alger. Sa réactivation avait été décidée le 20 juillet 2026, lors de la visite à Alger du chef du gouvernement Pedro Sánchez, première depuis la crise ouverte en 2022. Le programme de Madrid était prêt : entretiens officiels le premier jour, forums d'affaires et activités institutionnelles le lendemain. Les ministres des Affaires étrangères, José Manuel Albares et Ahmed Attaf, s'étaient rencontrés le 25 septembre à New York pour en préparer les contours.
Les raisons avancées
Madrid n'a pas publiquement justifié sa décision. Selon la presse espagnole et marocaine, l'exécutif jugerait peu judicieux d'organiser un sommet majeur à quelques semaines des élections législatives anticipées du 29 novembre. Une source gouvernementale citée par le quotidien El País reconnaît aussi que la crise de Sebta, après les arrivées massives de migrants de cet été, n'a pas facilité les choses. La visite des souverains espagnols à Sebta et Melilla, les 13 et 14 octobre, a ajouté une contrainte diplomatique. Alger n'a pas réagi officiellement.
Ce qui est en jeu
La rupture de 2022 trouvait son origine dans le soutien de Pedro Sánchez au plan marocain d'autonomie pour le Sahara. Les échanges commerciaux avaient alors été fortement perturbés, mais les livraisons de gaz algérien, via le gazoduc Medgaz, n'ont jamais été interrompues. En 2026, l'Algérie est devenue le premier fournisseur de gaz naturel de l'Espagne. D'après les chiffres rapportés par la presse, les échanges bilatéraux ont atteint 8,5 milliards d'euros en 2025, dont 6,3 milliards d'exportations algériennes, essentiellement énergétiques, et plus d'une centaine d'entreprises espagnoles sont implantées en Algérie.
Lors de la visite de juillet, les discussions avaient porté sur le gaz, l'hydrogène vert et la reconstruction d'un traité d'amitié, en présence de dirigeants de Naturgy, Repsol, Enagás et Moeve.
Un équilibre délicat pour Madrid
L'Espagne cherche à préserver à la fois son partenariat avec Rabat, centré sur la sécurité, la migration et le commerce, et ses approvisionnements en provenance d'Alger. Le report montre que ces deux relations se gèrent désormais l'une par rapport à l'autre, et que le calendrier électoral espagnol pèse sur le tempo diplomatique.
Pour l'Algérie, l'enjeu est de ne pas laisser un geste de réconciliation se transformer en simple ajournement. Pour les Maghrébins d'Espagne et d'Europe, c'est un signal à suivre : l'apaisement entre Madrid et Alger conditionne la fluidité des échanges économiques et le climat régional.
Sources : Algérie360, Atlasinfo, Bladi.net.