Maglor.fr- L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), principal syndicat du pays, a durci le ton face au gouvernement, accusant les autorités d'avoir aggravé la crise économique et sociale qui frappe la Tunisie depuis plusieurs années. La centrale syndicale, dont le rôle dans la vie politique tunisienne est historiquement central, n'exclut plus le recours à une grève générale si ses revendications restent sans réponse.
Un climat social tendu
L'UGTT pointe du doigt la hausse du coût de la vie, l'érosion du pouvoir d'achat des travailleurs et les retards dans l'application des accords salariaux conclus avec le gouvernement. Dans un contexte d'inflation à 5,4% en glissement annuel au mois d'août 2026, les salaires réels des fonctionnaires et des travailleurs du secteur privé ont nettement reculé en termes de pouvoir d'achat. Le syndicat réclame des augmentations salariales et une révision des grilles indiciaires dans la fonction publique.
Des accusations graves contre l'exécutif
Le secrétaire général de l'UGTT a accusé le gouvernement de gérer la crise économique par des mesures d'austérité qui pèsent sur les plus vulnérables, sans engager de réformes structurelles suffisantes pour relancer la croissance et créer des emplois. Il dénonce également un manque de concertation sociale, estimant que les grandes décisions économiques sont prises sans consultation préalable des partenaires sociaux, en violation des accords de partenariat qui lient le syndicat et l'État.
La grève générale, ultima ratio
Si l'UGTT n'a pas encore fixé de date pour une éventuelle grève générale, la menace est explicite et son message est clair : sans dialogue sérieux et engagements concrets du gouvernement, la centrale syndicale est prête à mobiliser ses 1,2 million de membres pour paralyser le pays. Les dernières grèves générales organisées par l'UGTT avaient montré leur capacité de mobilisation et leur impact économique significatif sur la Tunisie.
Un dialogue social urgent
Dans ce contexte, le gouvernement tunisien est appelé à ouvrir rapidement une table de négociations avec l'UGTT pour éviter une escalade sociale qui viendrait aggraver une situation économique déjà fragile. La stabilité sociale est en effet un prérequis pour attirer les investissements étrangers et relancer la confiance des bailleurs de fonds internationaux dont la Tunisie a besoin pour financer son déficit.